Handicap - comprendre et inclure tous les profils
Qu'est-ce que le handicap ?
Le handicap est une notion large qui regroupe diverses limitations d’activité ou de participation à la vie quotidienne, résultant d’une interaction entre une personne et des obstacles environnementaux, sociaux ou personnels. Il est important de reconnaître cette diversité pour mieux comprendre les besoins et les potentiels de chacun.
Les différents types de handicaps
Handicap invisible
Le handicap invisible regroupe les limitations ou pathologies non perceptibles à première vue, mais qui impactent significativement la vie quotidienne. Ces handicaps incluent des maladies chroniques, neurologiques ou psychologiques, souvent difficiles à reconnaître socialement et professionnellement. Leur invisibilité peut entraîner un manque de compréhension ou de reconnaissance.
Principales catégories de handicaps invisibles
⦁ Maladies chroniques : douleurs chroniques, fibromyalgie, diabète.
⦁ Troubles neurologiques : épilepsie, sclérose en plaques.
⦁ Troubles psychiques : anxiété sévère, dépression, schizophrénie.
⦁ Déficiences sensorielles légères : perte partielle de l’audition ou de la vue.
Saviez-vous que 80 % des handicaps sont invisibles ?
Source : Fédération des Malades et Handicapés
Saviez-vous que Pascal Duquenne, acteur belge atteint de trisomie 21, a remporté le Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes en 1996 pour son rôle dans Le Huitième Jour ?
Source : Festival de cannes
Handicap mental (ou déficience intellectuelle)
Le handicap mental, ou déficience intellectuelle, se caractérise par une insuffisance des capacités intellectuelles, impactant la compréhension, l’apprentissage, et l’autonomie. Il touche 1 à 3 % de la population mondiale, avec une prépondérance masculine.
Principales causes
Les causes sont variées et peuvent survenir :
⦁ Avant la naissance : maladies génétiques (trisomie 21, syndrome de l’X fragile), exposition à des agents nocifs (alcool, tabac, virus).
⦁ Pendant la naissance : complications comme la prématurité ou le manque d’oxygène.
⦁ Après la naissance : traumatismes, maladies infectieuses ou intoxications.
Le handicap auditif se caractérise par une perte partielle ou totale de l’ouïe, qui peut être présente dès la naissance ou acquise au cours de la vie. Il touche plus de 4 millions de personnes en France, dont 300 000 souffrent de surdité profonde.
Principales causes
⦁ Avant la naissance : causes génétiques, infections virales ou parasitaires.
⦁ Après la naissance : maladies (ex. : méningite), traumatismes sonores, ou intoxications.
Saviez-vous que près de 2 millions de personnes en France sont atteintes d’un trouble de la vision ? Parmi elles, environ 207 000 sont aveugles ou malvoyantes profondes, et 932 000 sont malvoyantes moyennes
Source : Aveugle de France
Handicap visuel
Le handicap visuel inclut la cécité (personnes aveugles) et la malvoyance, qui peuvent être causées par des maladies comme la cataracte ou le glaucome, ou par des facteurs héréditaires.
⦁ Maladies : cataracte, glaucome, ou dégénérescence maculaire.
⦁ Facteurs héréditaires ou accidents : anomalies congénitales ou traumatismes.
L’autisme est un trouble envahissant du développement (TED) qui apparaît avant l’âge de trois ans et affecte les interactions sociales, la communication, et les comportements répétitifs ou restreints. Les troubles du spectre autistique (TSA) incluent :
⦁ Trouble autistique (autisme infantile ou autisme de Kanner).
⦁ Syndrome d’Asperger : avec des compétences spécifiques dans certains domaines comme les mathématiques ou l’informatique.
⦁ Trouble envahissant du développement non spécifié : lorsque tous les critères des deux premiers ne sont pas remplis.
Des personnalités comme Billie Eilish, ou Selena Gomez, ont ouvertement partagé leurs expériences avec des troubles psychiques, démontrant que ces défis n’empêchent pas d’accomplir des réalisations exceptionnelles
Source : Forbes / BFM
Handicap psychique
Le handicap psychique, reconnu par la loi du 11 février 2005, résulte de maladies psychiques et se distingue du handicap mental. Contrairement à ce dernier, les capacités intellectuelles restent indemnes, mais leur utilisation peut être altérée de manière imprévisible et instable. Le handicap psychique apparaît souvent à l’âge adulte et nécessite généralement un traitement médicamenteux associé à des soins adaptés.
Principales causes
⦁ Psychoses, notamment la schizophrénie : désorganisation, délire paranoïde, troubles cognitifs.
⦁ Trouble bipolaire : alternance de phases maniaques et dépressives.
⦁ Troubles graves de la personnalité : par exemple, personnalité borderline.
⦁ Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) : formes graves de névrose.
Le plurihandicap se définit par l’association d’atteintes motrices et/ou sensorielles de même intensité, sans qu’une déficience principale ne puisse être identifiée. Parmi ces combinaisons, la surdi-cécité (sourds-aveugles) occupe une place spécifique en raison de l’impact majeur sur la communication et l’autonomie.
Principales causes
⦁ Facteurs prénataux : maladies génétiques, infections, malformations congénitales.
⦁ Facteurs périnataux : complications à la naissance.
⦁ Facteurs postnataux : traumatismes, maladies neurologiques ou infectieuses.
Le taux de chômage des travailleurs handicapés atteint 12 %, contre 7 % pour l’ensemble des demandeurs d’emploi en 2023
Source : Agefiph
Le polyhandicap est un handicap grave et complexe, associant une déficience mentale sévère et une déficience motrice due à une cause commune. Il entraîne une restriction extrême de l’autonomie, nécessitant une assistance permanente pour tous les actes de la vie quotidienne. Les personnes polyhandicapées ne marchent pas, ne parlent pas, et communiquent difficilement, bien qu’elles puissent comprendre bien plus qu’elles ne peuvent exprimer.
Principales causes
Les causes du polyhandicap sont variées :
⦁ Causes prénatales (50 %) : malformations, accidents vasculaires cérébraux prénataux, infections comme le cytomégalovirus (CMV) ou le VIH.
⦁ Causes périnatales (15 %) : complications liées à la grande prématurité ou souffrances fœtales.
⦁ Causes postnatales (5 %) : traumatismes ou arrêts cardiaques.
⦁ Causes inconnues (30 %).
Les traumatismes crâniens ou crânio-cérébraux (TCC) concernent les lésions du crâne et du cerveau. Ils peuvent avoir des séquelles graves sur le système nerveux central, impactant durablement la vie des victimes et de leurs familles. Les TCC sont classés en trois catégories :
⦁ Légers : sans perte de connaissance ni fracture.
⦁ Moyens : perte de connaissance prolongée ou fracture de crâne.
⦁ Graves : coma initial avec ou sans fracture.
Principales causes
⦁ Accidents de la route (environ 50 %).
⦁ Accidents sportifs.
⦁ Accidents de travail.
⦁ Accidents domestiques.
⦁ Agressions.
Quelques chiffres clés
Les traumatismes crâniens sont la principale cause de mortalité et de handicap sévère avant 45 ans, avec un coût social et financier élevé.
Les maladies dégénératives sont des pathologies, souvent d’origine génétique, caractérisées par la dégradation progressive d’un ou plusieurs organes. Cette évolution lente mais inéluctable conduit souvent à un handicap important, affectant significativement la vie des patients et de leur entourage. Si elles peuvent être ralenties par un traitement, elles ne sont pas curables.
Quelques exemples courants
⦁ Myopathie.
⦁ Mucoviscidose.
⦁ Maladie d’Alzheimer.
⦁ Sclérose en plaques.
Les troubles Dys regroupent des troubles cognitifs spécifiques et les difficultés d’apprentissage qui en découlent. Ces troubles apparaissent durant le développement de l’enfant, avant ou lors des premiers apprentissages, et persistent souvent à l’âge adulte. Ils impactent la vie scolaire, professionnelle et sociale, et peuvent entraîner un déséquilibre psycho-affectif. La plupart des troubles Dys sont d’origine innée.
Principales catégories des troubles Dys
⦁ Dyslexie et dysorthographie : troubles de l’acquisition du langage écrit.
⦁ Dysphasie : troubles du développement du langage oral.
⦁ Dyspraxie : troubles moteurs et visuo-spatiaux.
⦁ Troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) : troubles des processus attentionnels et exécutifs.
⦁ Troubles mnésiques : troubles affectant la mémoire.
⦁ Dyscalculie : troubles des activités numériques.
Le handicap moteur regroupe les troubles affectant partiellement ou totalement la motricité (paralysie, troubles de la dextérité, difficultés à se déplacer ou à effectuer certains gestes). Environ 1,5 % de la population française adulte est concernée, soit 850 000 personnes, et ce chiffre atteint 4 % si l’on inclut les troubles moteurs associés à d’autres déficiences.
Principales causes
⦁ Maladies génétiques ou acquises : ex. dystrophie musculaire.
⦁ Malformations congénitales.
⦁ Accidents ou traumatismes : accidents de la route, du sport ou du travail.
⦁ Vieillissement.
N’ouvre pas forcément droit à une RQTH
Le handicap temporaire désigne une limitation passagère résultant d’un accident, d’une maladie ou d’une intervention médicale. Il affecte la vie quotidienne ou professionnelle pour une durée définie, nécessitant parfois des adaptations similaires à celles d’un handicap permanent.
Principales causes du handicap temporaire
⦁ Accidents : fractures, entorses, blessures graves.
⦁ Maladies : convalescence post-chirurgicale ou complications aiguës.
⦁ Grossesse compliquée : alitement prolongé ou récupération post-partum difficile.
Quelques chiffres clés
⦁ La durée du handicap temporaire varie généralement de quelques semaines à plusieurs mois.
⦁ Un grand nombre de personnes actives rencontrent au moins une fois un handicap temporaire au cours de leur carrière professionnelle.
Pour mieux comprendre les différences entre le plurihandicap et le polyhandicap
Voici un tableau comparatif mettant en lumière leurs spécificités et les besoins associés.
| Critères | Plurihandicap | Polyhandicap |
|---|---|---|
| Type de déficiences | Motrices et/ou sensorielles, avec une intensité similaire. | Mentale sévère associée à motrice, provenant d’une cause commune. |
| Autonomie | Variable selon les déficiences ; certaines personnes peuvent être partiellement autonomes. | Nécessite une assistance permanente pour tous les actes de la vie quotidienne. |
| Impact sur la communication | Souvent affectée, notamment en cas de surdi-cécité. | Communication très limitée, bien que la compréhension puisse être plus développée qu’elle ne semble. |
| Besoin en accompagnement | Aménagements spécifiques selon les déficiences (outils de mobilité, aides à la communication). | Accompagnement constant, souvent médicalisé et intensif, incluant alimentation par sonde ou gestion de crises. |
| Exemple spécifique | Une personne non-entendante et non-voyante ayant besoin d’un système de communication tactile. | Une personne avec paralysie motrice et déficience intellectuelle sévère nécessitant un fauteuil roulant et une aide 24/7. |
Qu'est-ce que la RQTH ?
La Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) est un dispositif qui permet de bénéficier de droits et d’aménagements spécifiques si :
⦁ Vous souffrez d’un handicap ou d’une maladie chronique (ex. asthme, diabète, insuffisance cardiaque, sclérose en plaques, hépatite).
Vous êtes confronté à un problème de santé ayant des répercussions au travail (ex. troubles auditifs, problèmes de vue, dépression, rhumatisme, certaines allergies).
Les catégories de situations reconnues par la RQTH
La Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) est attribuée par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH), une instance de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH). La CDAPH est composée de représentants du département, de l’État, des organismes de protection sociale, des organisations syndicales, des associations de parents d’élèves et, pour au moins un tiers de ses membres, des représentants d’associations de personnes handicapées et de leurs familles.
⦁ Psychiques : dépression, bipolarité, troubles de la personnalité.
⦁ Intellectuels : limitations de la compréhension, conceptualisation, communication.
⦁ De la santé : maladies invalidantes (cancer, VIH, sclérose en plaques).
⦁ Cognitifs : dyslexie, dyspraxie, hyperactivité.
Qu'est-ce que le BOETH ?
Le terme BOETH (Bénéficiaire de l’Obligation d’Emploi des Travailleurs Handicapés) désigne les personnes reconnues comme travailleurs handicapés et comptabilisées dans l’Obligation d’Emploi des Travailleurs Handicapés (OETH). Cela inclut notamment les titulaires d’une RQTH, d’une pension d’invalidité, d’une CMI « invalidité », ou de l’AAH.
Pourquoi cette diversité est essentielle à comprendre ?
Chaque type de handicap est unique et nécessite une approche adaptée, que ce soit pour l’accès à l’emploi, à l’éducation ou aux services publics. En reconnaissant et en valorisant cette diversité, nous pouvons créer un environnement plus inclusif.
Notre engagement
Chez Intérim & Handicap, nous avons pour mission de favoriser l’accès à l’emploi aux personnes en situation de handicap, quelles que soient leurs limitations ou leurs spécificités. Notre équipe est formée pour comprendre et répondre aux besoins de chacun, en proposant des missions adaptées et un accompagnement personnalisé.
FAQ - Handicap physique et inclusion professionnelle
Qu’est-ce que le diabète ? Est-il considéré comme un handicap ?
Le diabète est une maladie chronique qui peut, dans certains cas, être reconnue comme un handicap. Si le diabète entraîne des complications affectant votre quotidien ou votre activité professionnelle, il peut justifier une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH).
La dyslexie est-elle considérée comme un handicap ?
Oui, la dyslexie fait partie des troubles Dys, qui sont des troubles cognitifs spécifiques. Ces troubles peuvent être reconnus comme un handicap si leurs répercussions sur la vie professionnelle ou scolaire sont importantes.
Qu’est-ce que la RQTH ?
La Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) est un statut délivré par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH). Elle permet de bénéficier d’aménagements spécifiques au travail, d’un accompagnement professionnel, et de mesures facilitant l’accès à l’emploi.
Comment obtenir sa RQTH ?
Pour obtenir la RQTH, il faut déposer une demande auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) de son département. Le dossier doit inclure :
⦁ Un formulaire de demande de RQTH (disponible sur le site de la MDPH)
⦁ Un certificat médical récent détaillant l’impact du handicap sur la vie professionnelle
⦁ Tout autre document justifiant la nécessité d’un aménagement au travail
La MDPH évalue la demande et accorde ou non la reconnaissance. L’attribution de la RQTH est valable pour une durée déterminée (souvent entre 1 et 5 ans), renouvelable.
À qui demander des conseils pour la RQTH et l’inclusion professionnelle ?
Plusieurs organismes peuvent accompagner une personne dans sa démarche de RQTH et d’inclusion professionnelle :
⦁ La MDPH pour toutes les démarches administratives
⦁ L’Agefiph (secteur privé) et le FIPHFP (secteur public) pour le financement d’aménagements et le conseil aux employeurs
⦁ Cap Emploi pour l’accompagnement des personnes en situation de handicap dans leur recherche d’emploi et leur maintien dans l’emploi
⦁ Les services de santé au travail pour évaluer et adapter le poste de travail
⦁ Les associations spécialisées selon le type de handicap
Qu’est-ce que la pension d’invalidité ? Est-ce lié à l’obligation d’emploi ?
La pension d’invalidité est une aide financière accordée aux personnes dont la capacité de travail est réduite en raison d’un handicap ou d’une maladie. À partir du 1er janvier 2024, les bénéficiaires de cette pension entreront dans le calcul de l’Obligation d’Emploi des Travailleurs Handicapés (OETH) pour les entreprises.
Quels aménagements sont possibles pour les travailleurs handicapés ?
Les aménagements varient selon les besoins spécifiques du salarié. Ils peuvent inclure des ajustements de poste de travail, des horaires aménagés, l’acquisition de matériel adapté, ou encore un accompagnement personnalisé par un référent handicap.
Comment un employeur peut-il remplir son Obligation d’Emploi des Travailleurs Handicapés (OETH) ?
Pour respecter l’OETH, un employeur doit embaucher au moins 6 % de travailleurs handicapés parmi ses effectifs. S’il ne remplit pas cette obligation, il doit verser une contribution financière à l’Agefiph ou FIPHFP, selon son secteur (privé ou public).